Dossier
Phobie scolaire

LE MAL DE l'ECOLE

Phobie scolaire: La peur panique d’aller à l’école. Cette souffrance qui survient sans prévenir, empêche l’enfant, de poser un pied dans un établissement scolaire. Elle touche tous les milieux et tous types de profils. Garçons, filles, bons ou mauvais élèves.

Des maux de ventre à la crise d’hystérie

«Ça arrive soudainement. Un matin, l’enfant a des maux de ventre, des maux de tête. L’idée d’aller à l’école douloureuse ». Les parents insistent et mettent çà sur le compte du caprice. «Ça lui passera, ce n’est qu’une mauvaise passe». Mais le caprice ne passe toujours pas, «jusqu’au jour où l’enfant pris d’une crise d’hystérie se tape la tête contre les murs ». C’est ce qui est arrivé à ce jeune adolescent. Déscolarisé en classe de sixième, Nicolas a quitté l’école, contraint et forcé par sa phobie.

“Nous vivions en vase clos”

Une peur panique qui l’empêche d’aller à l’école et qui bouleverse la vie de sa famille. « On ne savait pas quoi faire, on nous disait qu’il fallait insister, et notre fils souffrait », raconte sa mère, Sophie Menai. Enfermée dans sa souffrance, c’est une famille tout entière qui se trouve prisonnière de cette phobie. Une phobie scolaire, qui prendra progressivement la forme d’une phobie sociale. « Plus de sorties, plus de fêtes de famille, nous vivions en vase clos ».

Echec scolaire ?

Les enfants touchés dans leur majorité, n’ont en général pas de problèmes de scolarité. « Nicolas était plutôt bon élève, avec des copains, des activités sportives », souligne son père, Gwenaël. La phobie est une peur inexpliquée, «ça arrive comme ça un jour, personne n’y est préparé, et tout vole en éclat». La fuite de

l’enfant vers sa phobie, entraîne la chute de toute une famille. «On a cherché partout, mais de l’aide, il n’y en avait pas, puisque la maladie n’est pas officiellement reconnue». Pour les parents, c’est la double peine. La souffrance et les difficultés administratives. « Nous recevions des menaces de la part de l’Inspection académique» car en effet, jusqu’à seize ans l’école est obligatoire.

Pratique

Phobie scolaire Normandie – Cellule d’écoute.
Contact : 06 51 00 22 40
Email : thermogwen@free.fr
Site : http://phobiescolairenormandie.wordpress.com/

Phobie scolaire le mal de l'école

Phobie scolaire Normandie se crée

Déscolarisé en 2012, Nicolas ne va plus à l’école. La famille aidée par son établissement scolaire, bénéficie d’un soutien à domicile, mais quelques heures seulement. Il faut penser à d’autres solutions. L’enfant rencontre un psychologue. Petit à petit, l’enfant reprend confiance en l’école, mais cela prend du temps. «L’envie était là, le soir il préparait ses affaires de classe, mais le lendemain il y avait blocage, il ne pouvait pas ». Presque trois ans, avec des allers-retours au collège, des périodes plus ou moins longues de présences, et surtout des combats pour la famille. La famille Menai ne baisse pas les bras. « Nous ne voulions pas croire que nous étions les seuls ». La presse locale fait paraître leur appel à l’aide. De nombreux témoignages de familles confrontées au même drame, affluent. «De cette dynamique et née l’association Phobie Scolaire Normandie, qui compte déjà à son actif, plusieurs actions (conférences, forum internet, rendez-vous d’échanges…), et notamment la mise en place d’une cellule d’écoute, pour aider les parents. « Il ne faut surtout pas pousser l’enfant, au contraire, il le faut le rassurer et lui redonner confiance. La phobie scolaire tout le monde s’en sort ».

Travailler en réseau.

Bien décidée à faire reconnaître cette maladie, et aider ceux qui en souffrent, l’association a organisé plusieurs conférences de sensibilisation, notamment auprès des chefs d’établissement du département, en invitant des thérapeutes, des familles.

Nicolas a repris le goût de l’école.

Aujourd’hui, Nicolas est un jeune adolescent. Il termine sa classe de troisième, sans fausse note «12 de moyenne», et sans absence. Avec du recul, il ne s’explique pas sur «ce qui s’est passé». Aujourd’hui, il souhaite tourner la page, mais pas complètement. La rouvrir de temps à autre, sous un autre angle, « pour témoigner de son histoire et aider les autres».