Communiqué de Presse

« Personnes en situation de handicap, personnes vulnérables, le gouvernement s’attaque aux plus fragiles"

A l’initiative de l’UDAF de la Manche (Union Départementale des Associations Familiales), 7 associations ont rédigé un communiqué de presse commun. Elles y dénoncent la récente décision de l’Etat de taxer l’allocation adulte handicapé (AAH) des personnes en situation de handicap sous tutelle ou curatelle.

Voilà quelques mois, le gouvernement annonçait l’augmentation de l’allocation adulte handicapé (AAH).

Or, le 31 août dernier, sous l’impulsion des ministères du budget et des affaires sociales, après la baisse des APL, il a été décidé de taxer les personnes bénéficiant de cette allocation.

Ethiquement et humainement, c’est une décision inédite et grave.

Inédite car jamais depuis sa création, l’AAH n’avait été remise en cause. Pour la première fois, on touche aux minimas sociaux des protégés en situation de handicap.

Grave, car s’attaquer aux personnes vulnérables, aux personnes handicapées est incompréhensible. Certaines ne vivent qu’avec 30 ou 40 € par semaine pour manger.

Ainsi, depuis le 1er septembre dernier, les personnes bénéficiant d’une mesure de protection (tutelle, curatelle) et bénéficiaires de l’AAH vont être taxées. Autrement dit, les personnes les plus fragiles, les plus isolées socialement voient leurs aides réduites.

Le décret du 31 août augmente de façon significative la participation des personnes protégées à leur mesure de tutelle ou curatelle, en particulier des plus pauvres. Cette augmentation venant en déduction de la prise en charge de l’Etat !

Les textes officiels se veulent rassurant : « Les personnes dont les ressources n’excèdent pas l’AAH sont totalement exonérées de participation au financement de leur mesure de protection ». Or, il suffit de bénéficier d’1 € d’aide sociale en plus de l’AAH pour que ce soit toute l’AAH qui soit taxée !

Les mandataires judiciaires qui les accompagnent au quotidien, mais plus globalement, les professionnel(le)s des services sociaux des associations, du Département, de la CAF ou des communes, vont faire face à l’incompréhension et à la détresse des personnes concernées.

En tant qu’associations de parents et de familles, en tant que services judicaires à la protection des majeurs, il est de notre devoir d’alerter l’opinion sur ces décisions qui fragilisent encore un peu plus les personnes en situation de handicap.

C’est cette réalité que nous souhaitons dénoncer. Car derrière des augmentations budgétaires prises au cours de l’été, se cachent des femmes et des hommes qui ont besoin de vivre décemment.