Violences conjugales
Les victimes perdent leur capacité à exister !

La violence conjugale, qu’elle soit physique ou psychologique (une violence qui touche également les hommes mais dans des proportions moindres mais croissantes) conduit souvent à l’isolement de la victime.

L’auteur de violence veut avoir une emprise sur l’autre, y compris auprès des enfants», précise Odile Lerebours, médiatrice familiale, à l’UDAF de la Manche. En perdant cette capacité d’agir, les victimes de violence perdent leur capacité à exister. «Dans la violence, l’autre n’existe plus. La victime vit ça comme un isolement, un isolement social, familial…». D’une part, elles sont confinées, isolées du monde, et «à l’extérieur elles ont du mal à aborder le sujet».

La famille, comme antidote ?

«Oui, à partir du moment où elles osent en parler et reconnaissent qu’elles sont victimes». Les femmes se sentent souvent  responsables des violences qu’elles subissent. L ’emprise est telle qu’elle laisse «la victime penser que c’est de sa faute». Et il est vrai aussi que parfois «les familles proches ne sont pas toujours prêtes à entendre, parfois aveuglées par le spectre de la réussite. « Ton mari est un type formidable, il a une bonne situation, il t’emmène au ski avec tes enfants». La violence conjugale n’épargne aucune catégorie sociale. Elle est impitoyable.

 

Elles se rétractent, elles banalisent…

Les victimes sont souvent réticentes à l’idée de quitter le domicile conjugal. Les femmes victimes de violence font en moyenne 7 allers-retours avant de quitter définitivement leur conjoint. «Au moment de porter plainte, elles finissent par renoncer. Elles se rétractent, elles banalisent». Fragilisées, elles n’arrivent plus à exister sans l’autre, sans le cadre de la violence. Dans la violence, c’est l’existence de l’autre qu’on veut tuer. «Et puis, c’est l’engrenage, les victimes passent à l’acte, elles n’arrivent plus à tenir, certaines s’écroulent et finissent par se faire du mal».

L’élément déclencheur

Lorsque le mari s’attaque aux enfants, « c’est souvent l’élément déclencheur ». Généralement, elles réagissent quand cela ne touche plus uniquement leur propre personne, mais quand l’auteur s’en prend aux enfants (soit directement), soit au travers de chantage («si tu pars tu ne les reverras plus…).

 

Quand les enfants n’ont vu que l’image de la violence !

Les violences conjugales peuvent laisser des traces dans les têtes des enfants. « On arrive comme parents avec ce qu’on a appris chacun de notre côté, ce qu’on a vu de nos propres yeux dans l’enfance… Ça ne veut pas dire que les enfants seront violents plus tard, mais le code d’apprentissage a été basé là-dessus».

 

Banaliser la violence, c’est rentrer dans sa spirale !

D’où l’importance, de ne pas banaliser la violence. «Il faut pouvoir en parler à quelqu’un qui puisse dire que ce n’est pas normal. Beaucoup la banalise. Même les proches qui ont parfois du mal à parler du sujet». Les femmes doivent réagir dès le début. Ne pas laisser la violence s’installer. «Même une claque ça n’est pas acceptable». La violence commence aussi souvent par des mots. «Même dans le verbal, dès lors que ça touche l’intégrité de la personne, on ne peut laisser faire. On peut exprimer une colère, mais l’humiliation, le harcèlement, ou le dénigrement par la violence, ça n’est pas tolérable»

 

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